Visite de Macron en Espagne perturbée par le rejet du traité d'amitié
La visite d'État de deux jours d'Emmanuel Macron à Madrid a été éclipsée par un revers parlementaire majeur. Au premier jour de son déplacement, le Sénat espagnol a rejeté la ratification du traité d'amitié et de coopération franco-espagnol. Le vote, intervenu mardi, a vu 142 sénateurs s'opposer au texte contre 106 pour et une abstention. La majorité absolue détenue par le Parti Populaire (PP), principal parti d'opposition, a été décisive dans ce blocage, alors même que le Congrès des députés avait déjà approuvé le traité et que le Tribunal constitutionnel avait validé sa conformité à la Constitution le 23 septembre.
Le point de friction principal porte sur une clause prévoyant l'invitation ponctuelle, au moins une fois par trimestre, d'un ministre d'un pays au Conseil des ministres de l'autre. Pour l'opposition conservatrice, cette disposition porte atteinte à la souveraineté nationale. Les deux capitales avaient pourtant précisé que cette participation ne concernerait pas les réunions ordinaires du gouvernement. Face à cette situation embarrassante, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a présenté ses excuses à son homologue français lors d'une conférence de presse conjointe mercredi au Palais de la Moncloa.
Il a qualifié le vote de "regrettable", insistant sur le fait que ce traité engage les deux nations et pas seulement deux exécutifs. De son côté, le président français a voulu dédramatiser l'incident. Tout en disant respecter la décision du Sénat, il l'a décrite comme une "péripétie plutôt qu'un drame", soulignant que le traité reste un cadre essentiel pour renforcer la coopération politique, économique, énergétique et culturelle entre les deux voisins européens. Malgré ce couac institutionnel, les deux dirigeants ont affiché leur volonté de poursuivre le rapprochement.
La rencontre avec le Roi Felipe VI et les entretiens sur les grands dossiers européens, comme l'immigration et la transition énergétique, ont confirmé la solidité de l'axe Madrid-Paris au sein de l'Union Européenne.

































