Pétrole en baisse, or en hausse : les marchés scrutent les tensions au Moyen-Orient
Les cours du brut ont cédé du terrain dans les échanges de la journée. Le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 0,4% pour s’établir à 88,87 dollars, tandis que le WTI américain, livraison septembre, s’est stabilisé à 82,47 dollars le baril. Cette baisse intervient alors que les investisseurs tentent de concilier des signaux diplomatiques évoquant des efforts pour désamorcer la crise entre les Etats-Unis et l’Iran, et la poursuite des opérations militaires et de l’instabilité sécuritaire dans la région.
Selon des médias, Téhéran aurait reçu via des médiateurs une proposition de cessez-le-feu de dix jours, visant à préserver l’accord temporaire signé le 17 juin et à ouvrir la voie à un accord plus large pour mettre fin au conflit. Mais ces avancées n’ont pas suffi à apaiser les marchés. Le Commandement central américain a annoncé une nouvelle série de frappes contre des cibles en Iran, en réponse à la poursuite des attaques des Gardiens de la Révolution contre des actifs militaires américains dans la région.
Les menaces des Houthis d’imposer un blocus maritime à l’Arabie Saoudite ont également alimenté l’inquiétude, en raison des risques pour les exportations pétrolières et l’approvisionnement énergétique mondial. Les opérateurs suivent par ailleurs de près toute perturbation potentielle du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé pour le commerce du pétrole, dont une fermeture aurait des répercussions directes sur les prix du brut et sur le commerce international. Dans ce contexte, l’or a tiré son épingle du jeu. Le métal jaune a gagné 0,5% au comptant pour atteindre 4023,56 dollars l’once.
Les contrats à terme sur l’or, livraison août, ont progressé de 0,3% à 4028 dollars l’once, soutenus par un regain d’intérêt pour les actifs refuges face à la montée des risques géopolitiques. Les investisseurs évaluent également l’impact de ces tensions sur la politique monétaire américaine. Une persistance des tensions et une hausse des coûts de l’énergie pourraient accentuer les pressions inflationnistes et inciter la Réserve fédérale à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps, ce qui pourrait limiter la progression future de l’or.
Sur le front des stocks, les premières estimations font état d’un repli des réserves de pétrole brut et d’essence aux Etats-Unis la semaine dernière, contre une hausse des stocks de produits distillés. Des données attendues pour mesurer la demande énergétique dans la première économie mondiale. Les autres métaux précieux ont affiché des évolutions contrastées. L’argent a pris 0,9% à 56,93 dollars l’once. Le palladium a gagné 0,3% à 1256,68 dollars, tandis que le platine a reculé de 0,2% à 1591,22 dollars l’once. Les marchés restent ainsi focalisés sur l’évolution de la situation politique et militaire au Moyen-Orient, devenue le principal moteur des cours de l’énergie et des métaux.

































