Maroc : 5 millions de DH pour un centre de données de secours Tier III au ministère de l’Économie et des Finances
Le ministère de l’Économie et des Finances s’apprête à lancer un nouvel appel d’offres public pour renforcer la sécurité de son infrastructure numérique et protéger ses systèmes d’information. L’objectif : créer une plateforme de secours avancée destinée à héberger et gérer les données et services numériques vitaux du ministère. Une initiative qui s’inscrit dans la modernisation du Plan de continuité d’activité PCA et l’accompagnement de l’accélération de la transformation digitale au sein de l’administration publique.
Estimée à environ 5 millions de dirhams, cette opération vise à garantir la continuité des services informatiques en cas de pannes techniques, d’incidents ou de catastrophes pouvant perturber le fonctionnement normal des systèmes. Il s’agit de doter le ministère d’un data center de secours capable de restaurer rapidement les systèmes sensibles, de protéger les données et applications, et d’éviter toute interruption des services aux citoyens, aux administrations et aux partenaires.
Le projet intervient alors que le ministère s’appuie depuis 2013 sur une plateforme de secours gérée par un prestataire externe. La nouvelle phase ambitionne d’élargir et de moderniser cette infrastructure pour suivre la montée en charge des systèmes d’information, l’adoption de nouveaux services numériques et le renforcement des exigences en cybersécurité. Selon le cahier des charges, le centre de données devra être implanté sur le territoire national, à plus de 100 kilomètres de Rabat et à plus de 30 kilomètres du littoral, dans un bâtiment autonome dédié exclusivement à l’hébergement informatique. Il devra répondre à des normes internationales strictes : certification Tier III, ISO 27001 pour la sécurité de l’information, ISO 22301 pour la continuité d’activité, ISO 20000 pour la gestion des services IT, ainsi que la loi marocaine 09-08 relative à la protection des données à caractère personnel.
Sur le plan technique, le projet prévoit 15 armoires informatiques principales réparties en plusieurs zones d’exploitation, deux armoires de secours et des espaces dédiés à la migration et au renouvellement des équipements. Chaque armoire disposera d’une capacité électrique de 20 KVA et de deux sources d’alimentation indépendantes pour assurer une disponibilité sans interruption. Le cahier des charges impose aussi une salle de crise entièrement équipée pour les équipes techniques, une salle de maintenance et de préparation, ainsi qu’un entrepôt sécurisé pour les pièces de rechange afin d’assurer une réactivité permanente. En matière de connectivité, des liaisons à haut débit relieront le site de production au site de secours, avec des débits pouvant atteindre 5 Gbit/s pour certains systèmes et un minimum de 1 Gbit/s par domaine d’activité. Des accès internet symétriques et évolutifs sont également exigés.
Le centre devra disposer d’une autonomie électrique d’au moins 72 heures grâce à deux groupes électrogènes, de systèmes de refroidissement avancés, d’une surveillance précise de la température et de l’humidité, de dispositifs d’extinction automatique des incendies, ainsi que de mesures de sécurité physique renforcées : vidéosurveillance, contrôle d’accès électronique et biométrique. Enfin, toutes les interventions devront être rigoureusement documentées. Le suivi des accès, la prise de photos des armoires avant et après chaque opération technique, et l’accès 24h/24 des équipes du ministère au site sont rendus obligatoires pour garantir un haut niveau de contrôle, de préparation et de réaction rapide.

































