Magistrature : Rachida Dati obtient un poste à l’administration centrale avant son procès pour corruption
Rachida Dati va faire son retour dans la magistrature. Battue aux dernières élections municipales, l’ancienne ministre de la Justice et maire LR du 7e arrondissement de Paris a formulé une demande de réintégration qui a été acceptée. Selon des informations judiciaires publiées samedi 5 septembre, elle ne retrouvera pas de poste en juridiction. La magistrate de 60 ans a été nommée "premier substitut à l’administration centrale", au sein du ministère de la Justice.
Plus précisément, elle sera chargée de mission à la Délégation aux affaires européennes et internationales de la Chancellerie. Sa réintégration ne sera officielle qu’après validation par le Conseil supérieur de la magistrature. La Chancellerie a confirmé vendredi à l’AFP qu’il s’agissait de la "procédure de transparence classique" et que le garde des Sceaux suivrait l’avis du CSM. Le timing pose question. Rachida Dati doit en effet comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris du 16 au 28 septembre.
Elle est poursuivie pour corruption et trafic d’influence passifs. Les faits remontent à son mandat de députée européenne, entre 2009 et 2019. La justice lui reproche d’avoir perçu 900 000 euros dans le cadre d’un contrat d’avocate avec Renault, alors dirigé par Carlos Ghosn. Elle est soupçonnée d’avoir fait du lobbying illégal au Parlement européen en faveur du constructeur automobile. L’ex-PDG, aujourd’hui réfugié au Liban, est lui aussi renvoyé devant le tribunal. Rachida Dati conteste et assure qu’il s’agissait d’une activité d’avocate parfaitement légale. Elle risque jusqu’à 10 ans de prison et 5 ans d’inéligibilité.


































