L’Union européenne met TikTok sous pression pour modifier une interface jugée addictive
La Commission européenne a sommé TikTok de revoir le fonctionnement de son interface, estimée contraire aux règles européennes encadrant le numérique. Cette demande, formulée le 6 février, s’inscrit dans le cadre d’une procédure pouvant exposer la plateforme à de lourdes sanctions financières en cas de non-conformité.
Très populaire auprès des jeunes grâce à ses vidéos courtes et dynamiques, TikTok est accusée par les autorités européennes de proposer des mécanismes favorisant une utilisation excessive de l’application. Bruxelles considère que certaines fonctionnalités pourraient porter atteinte au bien-être physique et mental des utilisateurs, en particulier des mineurs, en les incitant à consulter leur téléphone de manière répétée et parfois compulsive, y compris durant la nuit. Parmi les éléments pointés du doigt figurent le défilement continu des contenus, le lancement automatique des vidéos ainsi que l’envoi fréquent de notifications.
Selon la Commission, ces mécanismes encouragent une consommation prolongée de contenus et renforcent des comportements de dépendance numérique. Face à ces accusations, TikTok a vivement réagi en rejetant l’analyse des autorités européennes, qu’elle juge inexacte et injustifiée. La plateforme a annoncé son intention de contester les conclusions préliminaires de l’enquête et de défendre son modèle, tout en affirmant prendre au sérieux la protection de ses utilisateurs.
Cette procédure s’inscrit dans le cadre de l’arsenal juridique renforcé dont dispose l’Union européenne pour encadrer les grandes plateformes numériques. Ouverte il y a deux ans, l’enquête vise à vérifier le respect des obligations prévues par la législation européenne, notamment en matière de protection des consommateurs et de santé mentale. À travers cette action, l’Union européenne cherche à imposer davantage de responsabilité aux géants du numérique et à adapter les pratiques des réseaux sociaux aux exigences de protection des utilisateurs, dans un contexte de préoccupations croissantes liées à l’impact des technologies sur les comportements et la société.



































