Le Maroc lance un nouvel appel d’offres pour digitaliser la gestion et la traçabilité de sa pêche

Août 31, 2026 - 17:24
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Le Maroc lance un nouvel appel d’offres pour digitaliser la gestion et la traçabilité de sa pêche

Le secteur halieutique marocain s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa digitalisation. Les autorités ont publié un nouvel avis d’appel d’offres pour déployer un système intégré de gestion numérique, qui doit couvrir à la fois la traçabilité des captures et le suivi des navires en mer. Les candidats ont jusqu’au 8 septembre pour remettre leurs offres. Ce projet n’est pas inédit. Il avait déjà été soumis au marché à la fin de l’année 2025 puis au printemps 2026, avant d’être relancé sans explication officielle.

Lors des précédentes estimations, le coût global était chiffré à 30,2 millions de dirhams, avec une enveloppe de 16,2 millions pour le volet certification et traçabilité, et près de 14 millions pour le volet surveillance et déclaration électronique. L’ambition des autorités est de créer un environnement numérique unique qui accompagne le produit de la mer de sa capture à son exportation. Le premier lot du marché concerne la gestion de toute la donnée administrative et commerciale liée à la pêche.

 Le futur système devra traiter près de 700 000 déclarations de captures et 33 000 certificats chaque année. Il devra aussi intégrer les informations de plus de 2 600 navires de pêche côtière, hauturière et congélateurs, ainsi que celles d’environ 17 000 barques artisanales. Licences, quotas, accords de pêche, plans d’aménagement, agréments sanitaires, inspections : l’ensemble des données relatives aux navires, aux marins-pêcheurs et aux produits devra être centralisé et rendu exploitable. L’enjeu majeur de ce premier lot est de garantir une traçabilité complète.

Chaque poisson ou lot de produits devra pouvoir être rattaché à la marée qui l’a capturé, au navire qui l’a débarqué, puis à toutes les étapes de stockage, transformation et distribution. L’objectif est de lier automatiquement chaque certificat à un navire, à une sortie en mer, à des espèces et des quantités précises, afin de sécuriser l’information et de répondre aux standards internationaux. Le second lot porte sur la surveillance des activités en mer. Il s’agit d’articuler deux outils déjà existants : le Vessel Monitoring System qui permet de géolocaliser les navires en temps réel, et l’Electronic Reporting System qui dématérialise les déclarations de pêche.

En croisant ces deux sources, les autorités disposeront d’une vision plus fine des mouvements de la flotte et de la cohérence entre les zones de pêche et les captures déclarées. En relançant cette consultation, le Maroc confirme sa volonté de moderniser la gouvernance du secteur et de renforcer la compétitivité du "poisson marocain" à l’international. Dans un contexte où les marchés d’exportation exigent de plus en plus de garanties sur l’origine et la légalité des produits, ce système doit aussi servir de levier pour lutter contre la pêche illicite et améliorer la gestion durable des ressources.