Le Maroc accélère sa transition énergétique mais se heurte au défi du financement

Avr 19, 2026 - 11:38
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Le Maroc accélère sa transition énergétique mais se heurte au défi du financement

Avec une feuille de route ambitieuse et des projets structurants, le Maroc confirme sa position d’acteur engagé dans la transition bas carbone. Pourtant, la mobilisation des ressources financières reste l’obstacle central pour concrétiser les objectifs fixés. Le Royaume a actualisé sa contribution climatique en visant une baisse de 53 pourcent des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, à condition de bénéficier d’un appui international. L’objectif inconditionnel est fixé à 21,6 pourcent.

 Ces engagements, relevés par un rapport récent de l’Atlantic Council, s’inscrivent dans une vision plus globale qui repose sur la stratégie bas carbone à l’horizon 2050 et le Plan national d’adaptation climatique. Cette volonté politique se confronte à la réalité du mix énergétique actuel. Le pétrole couvre encore environ 57 pourcent de l’approvisionnement énergétique national et le charbon près de 30 pourcent. Cette structure rend l’économie sensible aux variations des cours mondiaux et pèse sur l’empreinte carbone du pays, notamment dans le transport et la génération électrique.

 La production d’électricité reste largement dominée par le charbon, qui représente près des deux tiers du total. Malgré des investissements conséquents, la transition vers des sources propres avance progressivement. La part des énergies renouvelables dans la production électrique est passée de 6 pourcent en 2000 à 17 pourcent en 2022, avec une capacité installée qui atteint environ 38 pourcent. Le cap officiel est de 52 pourcent à l’horizon 2030.

 Le Maroc bénéficie d’atouts naturels majeurs : un potentiel solaire et éolien élevé et une position géographique favorable aux échanges d’électricité verte avec l’Europe. Le complexe solaire Noor Ouarzazate, d’une puissance de 580 MW, illustre cette dynamique. Le pays mise aussi sur l’hydrogène vert et ambitionne de capter entre 4 et 5 pourcent de la demande mondiale d’ici 2030.

Le principal frein reste le financement. L’Atlantic Council estime le coût de réalisation des engagements climatiques entre 2026 et 2035 à 96 milliards de dollars, répartis entre 60 milliards pour l’atténuation et 36 milliards pour l’adaptation. Les besoins pour le développement des renouvelables s’élèvent à 27 milliards de dollars, et peuvent atteindre 72 milliards en incluant l’ensemble de la filière hydrogène vert.