Le Conseil de la concurrence recommande une réforme du système de fixation des prix des médicaments au Maroc

Mar 17, 2026 - 00:47
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Le Conseil de la concurrence recommande une réforme du système de fixation des prix des médicaments au Maroc

Le Conseil de la concurrence a appelé à une révision approfondie du système de fixation et de rémunération des prix des médicaments au Maroc. Cette recommandation s’inscrit dans le cadre d’un avis consacré à l’état de la concurrence dans les marchés de la distribution pharmaceutique, mettant en lumière les limites du dispositif actuellement en vigueur. Selon l’institution, le système actuel a certes permis d’introduire davantage de visibilité et de transparence dans la formation des prix des médicaments.

Toutefois, il exerce aujourd’hui une pression importante sur la viabilité économique des acteurs de la distribution ainsi que sur la compétitivité de la production pharmaceutique locale. Dans ce contexte, le Conseil estime qu’une réforme s’impose afin de rendre le dispositif plus équitable et mieux adapté aux réalités économiques du secteur. Parmi les principales recommandations figure la révision du mode de rémunération des Établissements Pharmaceutiques Grossistes Répartiteurs. Le Conseil préconise l’adoption d’un modèle hybride associant une marge proportionnelle au prix fabricant hors taxe et un forfait fixe par unité distribuée.

Ce système permettrait d’assurer une rémunération minimale pour les distributeurs indépendamment du prix du médicament, tout en garantissant la pérennité de ce maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement. L’institution recommande également d’introduire un mode de rémunération mixte pour les pharmacies d’officine. Ce modèle combinerait une marge commerciale avec des honoraires de dispensation destinés à valoriser l’acte pharmaceutique et à renforcer le rôle des pharmaciens dans la politique de santé publique. Le Conseil souligne par ailleurs la nécessité de revaloriser les marges appliquées aux médicaments coûteux relevant des tranches les plus élevées. Cette mesure vise à garantir leur disponibilité dans le circuit de distribution grossiste, à sécuriser leur accès sur l’ensemble du territoire national et à prévenir les déséquilibres concurrentiels.

Dans son analyse, l’institution insiste également sur l’importance de distinguer clairement entre les médicaments importés et ceux fabriqués localement. Cette distinction apparaît d’autant plus nécessaire que les importations pharmaceutiques ont dépassé 10,6 milliards de dirhams en 2024, contre environ 1,6 milliard de dirhams d’exportations sur la même période, ce qui a entraîné un déficit commercial d’environ 9 milliards de dirhams. Le Conseil estime également que les médicaments dont le prix fabricant hors taxe est très faible devraient être exclus des révisions systématiques.

Ces produits jouent en effet un rôle essentiel dans la chaîne de distribution et leur disponibilité doit être préservée afin d’éviter toute fragilisation supplémentaire des acteurs qui en assurent l’approvisionnement. Dans la même logique, l’institution propose l’introduction d’une clause d’exemption dans les cas où les baisses de prix seraient jugées insignifiantes. Une telle mesure permettrait d’éviter des ajustements administratifs lourds et coûteux, sans impact réel sur les dépenses de santé ni bénéfice notable pour les patients. Par ailleurs, le Conseil recommande de revoir la périodicité de la révision des prix des médicaments en la réduisant de cinq à trois ans. Cette évolution permettrait d’harmoniser les méthodes appliquées et de réduire les écarts de prix observés entre le marché marocain et certains marchés étrangers.

 Enfin, l’institution estime qu’il serait opportun de libéraliser les prix des médicaments non remboursables, souvent considérés comme des produits de confort. Dans ce cas, la fixation des prix pourrait être laissée au libre jeu de la concurrence, une pratique déjà adoptée dans plusieurs pays comparables.