Indice de sécurité sanitaire en Afrique 2026 : le Maroc 22e avec 42,1 points, entre progrès notables et failles persistantes
Le Maroc occupe la 22e place sur 54 pays africains dans l’Indice de sécurité sanitaire 2026, avec un score de 42,1 points sur 100. À égalité avec la Côte d’Ivoire, le Royaume se situe légèrement au-dessus de la moyenne continentale qui s’établit à 41,5 points. C’est ce qui ressort du rapport publié par la Nuclear Threat Initiative, en collaboration avec le Center for Pandemic Prevention de l’Université Brown et l’Economist Intelligence Unit. Par rapport à 2021, le Maroc enregistre une progression de 4,3 points. Une amélioration qui s’inscrit dans une dynamique continentale plus large : la moyenne africaine est passée de 32,4 points en 2021 à 41,5 points en 2026, portée par le renforcement des capacités de 52 pays, notamment en surveillance biologique et en séquençage génétique.
L’analyse détaillée révèle toutefois des disparités importantes dans les performances du Maroc. Les points forts du Royaume se situent dans la détection précoce et la notification des épidémies. Ce volet grimpe à 45,8 points, soit 13,8 points de plus qu’en 2021. Cette progression est portée par la robustesse des systèmes de laboratoires, notés 62,5 points, et par la transparence de la mise à disposition des données de surveillance épidémiologique, qui atteint 83,3 points. Le Maroc signe également son meilleur résultat dans la catégorie "environnement global des risques" avec 52,1 points, grâce à sa résilience sociale et économique et à l’adéquation de ses infrastructures.
Il obtient par ailleurs la note maximale de 100 points dans trois sous-indicateurs : adaptation au changement climatique, transmission des maladies par vecteurs, et mesures de restriction liées au commerce et aux voyages. À l’inverse, des fragilités majeures persistent dans les volets prévention et système de santé. Le pilier prévention recule à 40,8 points. Le pays enregistre une chute marquée en biosécurité avec 16,7 points, et un score nul dans la recherche à double usage, la culture de la science responsable et la coordination entre autorités sanitaires et sécuritaires. Le système de santé demeure le principal frein à une meilleure performance, avec seulement 30 points.
Ce résultat s’explique par la faiblesse des chaînes d’approvisionnement et des ressources humaines, 3,7 points, ainsi que par l’absence de dispositifs de communication avec le personnel médical en situation d’urgence. Le volet engagements nationaux et financement marque aussi un léger recul à 41 points, en raison de l’absence d’évaluations conjointes régulières et de l’instabilité du financement durable. Au niveau continental, l’Afrique du Sud arrive en tête avec 62,76 points, suivie du Sénégal, de l’Égypte et du Nigeria.
La Guinée équatoriale ferme le classement. Pour les auteurs du rapport, le Maroc comme l’ensemble du continent doivent désormais combler les lacunes structurelles. L’enjeu passe par la mobilisation d’un financement pérenne, le développement des ressources humaines en santé, et le renforcement de la coordination et de la préparation biologique pour faire face aux futures crises sanitaires.



































