Guerre commerciale : Ottawa riposte face aux nouvelles surtaxes américaines et débloque 7,5 milliards CAD pour soutenir l’économie
Le Canada a annoncé une riposte mesurée mais ferme face à la nouvelle escalade commerciale lancée par Washington. Le gouvernement de Mark Carney a détaillé mardi des contre-mesures visant plusieurs secteurs clés et un plan de soutien de 7,5 milliards de dollars canadiens pour les entreprises et les travailleurs touchés. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a précisé que les droits de douane canadiens toucheront l’industrie du papier, l’électronique et les appareils électroménagers. Leur niveau sera fixé à 15, 25 ou 50% et leur montant correspondra "au dollar près" aux surtaxes américaines imposées au Canada depuis samedi.
Ottawa "n’a pas choisi" cette guerre commerciale qui représente un "défi sans précédent" pour le pays dont les États-Unis sont de très loin le premier partenaire, a souligné le ministre depuis une usine à Ottawa. Mais, a-t-il ajouté, le Canada "n’acceptera jamais qu’un autre pays lui dicte la voie à suivre" et demeure "uni dans sa réponse". La crise s’est aggravée vendredi lorsque le Premier ministre Mark Carney a décidé de rompre les négociations commerciales avec les États-Unis, jugeant "injustes" les conditions imposées par la Maison Blanche.
En réaction, Washington applique depuis samedi de nouvelles surtaxes sur 20 milliards de dollars de produits canadiens importés, dont le ciment, les alcools ou encore les crosses de hockey. La tension est encore montée lundi après l’annonce du président américain Donald Trump de porter de 25% à 50% les droits de douane sur le secteur automobile canadien à partir du 1er janvier prochain. "Bien évidemment, nous riposterons" et "nous nous battrons pour chacun des emplois", a assuré la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly. Pour amortir le choc, le gouvernement a dévoilé une enveloppe de 7,5 milliards CAD, soit environ 4,6 milliards d’euros.
Le fonds servira à soutenir la trésorerie des entreprises affectées, à renforcer l’indemnisation chômage et à créer un "Fonds de diversification pour un Canada fort" destiné à aider les secteurs touchés à conquérir de nouveaux marchés à l’export.


































