Gazoduc Nigeria-Maroc : les pays de la CEDEAO signent l’accord intergouvernemental à Freetown

Juil 19, 2026 - 22:14
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Gazoduc Nigeria-Maroc : les pays de la CEDEAO signent l’accord intergouvernemental à Freetown

Un tournant décisif pour l’intégration énergétique africaine. Le sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO, tenu ce dimanche à Freetown en Sierra Leone, a été marqué par la signature de l’accord intergouvernemental encadrant le développement du gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. Cette infrastructure de près de 6800 kilomètres vise à transporter le gaz naturel du Nigeria vers le Maroc, avant d’être raccordée au réseau gazier européen.

 La signature consacre l’adhésion de l’ensemble des États membres de la CEDEAO au projet lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et feu le président nigérian Muhammadu Buhari. Le président Bola Ahmed Tinubu continue d’en assurer le soutien. Le projet est développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines ONHYM du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited NNPC Ltd.

Ces deux structures seront mises en place avant la mobilisation des investisseurs et la prise de la décision finale d’investissement FID. Le Maroc et la Mauritanie, pays non membres de la CEDEAO, signeront à leur tour cet accord lors de cérémonies distinctes organisées ultérieurement à Rabat, en présence du président de la République fédérale du Nigeria. Une fois achevé, le gazoduc traversera 13 pays de la façade atlantique africaine et sera connecté au gazoduc Maghreb-Europe au nord du Maroc.

Il aura une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Jusqu’à 15 milliards de m³ pourront être exportés vers le Maroc et l’Europe, le reste étant destiné aux marchés régionaux. Estimé à environ 25 milliards de dollars, le projet ambitionne de créer un marché régional intégré du gaz naturel en Afrique de l’Ouest, de soutenir la production d’électricité, l’industrialisation et la valorisation des ressources naturelles du continent. La mise en service des premiers tronçons est prévue au début de la prochaine décennie. Parti d’une initiative stratégique entre le Maroc et le Nigeria, le gazoduc africain atlantique s’impose aujourd’hui comme un projet porté par toute l’Afrique de l’Ouest.

Le soutien de la CEDEAO renforce ses bases politiques et institutionnelles. Selon l’ONHYM et la NNPC, les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie sont achevées. Le projet peut donc passer progressivement à la phase de développement opérationnel après la signature de l’accord par le Maroc et la Mauritanie. Au-delà de son rôle énergétique, cette infrastructure se veut un véritable corridor de développement reliant les économies africaines pour renforcer leur intégration et leur compétitivité.