États-Unis : Un agent de l’ICE inculpé au fédéral après des tirs à Minneapolis et de fausses déclarations
L’affaire prend une nouvelle dimension judiciaire. Christian Castro, agent de l’Immigration and Customs Enforcement, a été inculpé au niveau fédéral pour « fausses déclarations » liées à une intervention qui avait blessé par balle un migrant vénézuélien à Minneapolis en janvier dernier. Âgé de 52 ans, l’agent est déjà poursuivi par la justice du Minnesota. En mai, les procureurs de l’État l’avaient mis en cause pour agression et parjure, et un mandat d’arrêt national avait été émis contre lui. Mais l’exécution de cette procédure s’est heurtée à la résistance du Texas, État républicain où réside Castro, qui a refusé de l’extrader vers le Minnesota dirigé par les démocrates.
Placé en détention pendant trois mois au Texas, Christian Castro a finalement été libéré la semaine dernière sur décision d’un juge. C’est dans ce contexte que le parquet fédéral a pris le relais. Selon plusieurs médias américains, un acte d’accusation a été déposé contre lui pour les déclarations qu’il aurait faites au sujet des tirs, sans que le contenu détaillé n’ait encore été rendu public. L’ouverture d’une procédure au niveau fédéral est peu courante dans ce type de dossier. Elle intervient alors que l’affaire soulève de vives tensions autour des méthodes d’intervention des agents de l’immigration.
D’après l’organisation d’investigation ProPublica, un procureur fédéral du Minnesota militait pour des charges plus lourdes, visant des violations présumées des droits constitutionnels, passibles de peines plus sévères. Le ministère de la Justice américain aurait cependant rejeté cette option, comme l’indiquent des échanges de courriels cités par le média. L’inculpation fédérale se limite donc pour l’instant aux fausses déclarations, une qualification moins lourde mais qui permet à la justice fédérale de contourner le blocage de l’extradition entre États. Cette affaire survient sur fond de critiques croissantes contre l’ICE et ses opérations sur le terrain.
Le tir survenu en janvier à Minneapolis, qui a blessé un immigré vénézuélien, avait déjà provoqué une onde de choc et relancé le débat sur l’usage de la force par les forces fédérales de l’immigration. Avec cette nouvelle inculpation, Christian Castro se retrouve donc sous le coup de deux procédures distinctes, l’une au niveau de l’État et l’autre au niveau fédéral, tandis que la question de sa comparution devant la justice du Minnesota reste en suspens.


































