Éolien offshore : Le Maroc lance l’étude de faisabilité de son premier parc de 1000 MW au large d’Essaouira
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la transition énergétique. La Banque européenne d’investissement a confié à Offshore Wind Consultants la réalisation de l’étude de faisabilité du premier parc éolien en mer du royaume, un projet pilote prévu au large d’Essaouira et dont la puissance pourrait atteindre 1000 MW selon l’Union pour la Méditerranée. Annoncée jeudi 3 septembre par OWC, filiale du groupe norvégien ABL Group, cette mission de 24 mois s’inscrit dans le cadre du contrat AA-010864-002 de la BEI, financé par le Fonds fiduciaire de la FEMIP.
L’avis de marché évaluait les prestations à un maximum de 2 millions d’euros hors taxes, avec une option d’un million supplémentaire, soit une enveloppe potentielle de 3 millions. Il s’agit du budget de l’étude et non du coût de construction du parc, qui n’a pas encore été dévoilé. Pour mener à bien cette mission, OWC pilotera un consortium international et marocain. Il sera composé de Phenixa et Sofeco, deux entités du groupe français Ginger, du cabinet Gaïa Terre Bleue et de l’ingénieriste marocain Novec.
Le groupement mobilisera des experts des milieux marins, de l’environnement et de l’éolien, avec l’appui des équipes d’OWC en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, ainsi que des compétences portuaires d’ABL. L’objectif est de poser les bases techniques, économiques et réglementaires de la filière au Maroc. Pendant deux ans, les consultants devront sélectionner le site le plus adapté, analyser le marché et la chaîne d’approvisionnement, et lancer une campagne de mesures pour évaluer la ressource en vent. Ils travailleront aussi sur la conception générale du parc, l’analyse des infrastructures portuaires et de la logistique, l’évaluation des risques, ainsi que sur les coûts d’investissement et d’exploitation.
Un volet crucial portera sur le cadre juridique. Dans ses documents de consultation, la BEI notait l’absence au Maroc d’un dispositif public complet encadrant les appels d’offres et autorisations pour l’éolien en mer. Les experts devront donc proposer des hypothèses de calendrier en s’appuyant sur les retours d’expérience d’autres pays. En parallèle, des spécialistes marocains seront chargés d’étudier le raccordement au réseau électrique national et l’intégration de la production, en plus des études d’impact environnemental et social. Le choix d’Essaouira a été motivé par le fort potentiel éolien de la façade atlantique et par la présence de zones de faible profondeur favorables à des éoliennes posées sur fondations fixes.
Pour Hakim Mouslim, directeur régional d’OWC pour l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord, ce contrat représente « un jalon majeur pour les énergies renouvelables au Maroc et en Afrique ». Porté par Masen, l’Agence marocaine pour l’énergie durable, ce projet vise à faire du royaume un acteur de référence de l’éolien offshore dans la région.


































