CPHI Milan : le Maroc expose un traitement anti-épilepsie à base de cannabis
L’industrie pharmaceutique marocaine confirme son positionnement sur le segment du cannabis à usage médical. À l’occasion du salon international CPHI, tenu à Milan du 6 au 8 octobre, les laboratoires Pharma 5 ont présenté un nouveau médicament marocain destiné au traitement de l’épilepsie et développé à base de cannabis légal d’origine marocaine. Ce salon, considéré comme l’un des plus importants au monde dans le domaine pharmaceutique, a réuni cette année plus de 62.000 professionnels et plus de 2.400 exposants. Une vitrine internationale pour les innovations du secteur, où le Maroc a ainsi mis en avant sa capacité à transformer localement sa production de cannabis en produits à forte valeur ajoutée.
Le produit présenté par Pharma 5 s’appuie sur une matière première issue de la filière légale marocaine du cannabis. Une démarche qui s’inscrit dans la stratégie nationale de valorisation de cette plante à des fins médicales et pharmaceutiques, et qui vise à passer de l’exportation de matière brute à la fabrication de médicaments finis compétitifs à l’international. Ce n’est pas une première pour le Maroc. L’entreprise Sotema avait déjà développé trois médicaments à base de cannabis ayant obtenu des autorisations de mise sur le marché pour la prise en charge de l’épilepsie. Sur le plan de l’encadrement médical, le domaine a connu une avancée notable.
Cinq sociétés savantes médicales, en coordination avec l’Ordre des médecins et en concertation avec l’Agence Nationale de Réglementation des Activités relatives au Cannabis (ANRAC), ont validé des protocoles encadrant la prescription du cannabidiol (CBD). Parallèlement, des travaux de recherche universitaires menés avec l’ANRAC se poursuivent pour évaluer le potentiel du cannabis médical dans le traitement de l’épilepsie réfractaire chez l’enfant, l’atténuation des douleurs liées à la chimiothérapie, ainsi que dans la prise en charge des maladies inflammatoires, neurodégénératives et des douleurs chroniques. Ce développement est encadré au Maroc par la loi 13-21 sur les usages licites du cannabis, complétée par la loi 17-04 formant code du médicament et de la pharmacie, ainsi que par leurs textes d’application.
La décision n°1297-22 du 12 mai 2022 fixe notamment les seuils de tétrahydrocannabinol (THC) autorisés. À l’échelle internationale, l’intérêt pour le cannabis médical ne cesse de croître, en particulier pour certaines formes d’épilepsie sévère pédiatrique, la spasticité liée à la sclérose en plaques et les douleurs neuropathiques. En 2020, la Commission des stupéfiants des Nations Unies avait d’ailleurs reclassifié le cannabis sur recommandation de l’OMS, illustrant l’évolution de son statut médical. Pour le Maroc, cette orientation ouvre la voie à une montée en gamme de son industrie pharmaceutique et à l’exploration de nouveaux marchés à l’export, à condition de répondre aux exigences réglementaires et scientifiques de chaque pays cible.



































