Centres d'appels au Maroc : Inquiétude et incertitude avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi française sur le démarchage
Les centres d'appels au Maroc traversent une période d’incertitude à l’approche de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi française encadrant les communications à caractère commercial. Une réforme qui devrait avoir des répercussions directes sur l’activité de dizaines d’entreprises marocaines fortement dépendantes du marché français, et faire craindre la perte de milliers d’emplois dans les prochains mois. Prévue pour entrer en application au mois d’août, la législation française imposera l’obtention du consentement explicite du consommateur avant tout appel à visée marketing.
Un changement radical pour de nombreux centres d'appels dont le modèle économique repose principalement sur la prospection téléphonique. Plusieurs entreprises auraient déjà entamé une réduction de leurs effectifs. Des licenciements ont touché des salariés de différents niveaux d’expérience. Des sources syndicales font également état de non-respect, par certains employeurs, des procédures légales encadrant la rupture des contrats de travail. Une situation qui a accentué les tensions au sein du secteur. Ce nouveau cadre juridique français vient bouleverser un secteur qui emploie des dizaines de milliers de jeunes au Maroc et qui réalise une grande partie de son chiffre d’affaires grâce à l’externalisation de services pour des clients français.
Les professionnels du secteur craignent désormais un fort ralentissement de l’activité, voire la fermeture de certaines plateformes incapables de s’adapter rapidement aux nouvelles exigences en matière de conformité et de collecte du consentement. En attendant, les syndicats appellent à l’ouverture d’un dialogue urgent avec les pouvoirs publics afin d’anticiper les impacts sociaux de cette réforme et d’accompagner les entreprises et les salariés dans cette transition.


































