Automobile : L’Espagne voit la montée du Maroc comme une "opportunité" et non une "concurrence structurelle"
Le gouvernement espagnol considère la "montée en compétitivité de l’industrie automobile du Royaume du Maroc comme une opportunité de renforcer davantage les relations économiques et institutionnelles entre les deux pays", dans un contexte de "commerce croissant et de coopération étroite et accrue". C’est ce qu’a affirmé Madrid en réponse à une question au Congrès des députés espagnol sur les mesures prévues pour renforcer la compétitivité des usines automobiles espagnoles, et sur l’impact de l’expansion de l’industrie des équipementiers au Maroc.
Dans sa réponse, le gouvernement souligne que "le Royaume du Maroc n’est pas considéré comme un concurrent structurel de l’Union Européenne – comme peuvent l’être les États-Unis ou la Chine – mais comme un partenaire stratégique sur lequel les entreprises espagnoles et européennes peuvent s’appuyer dans leurs plans d’expansion". Cette coopération est toutefois conditionnée à "la protection de l’emploi, au renforcement du tissu industriel local et à la garantie de conditions de concurrence équilibrées". Parallèlement, l’Espagne prend des mesures de protection du secteur automobile face à l’augmentation des importations en provenance de pays tiers.
Les politiques commerciales et industrielles, aux niveaux national et européen, mettent l’accent sur la nécessité de stimuler la production locale face à la concurrence étrangère. Dans ce cadre, la "réindustrialisation, la relocalisation et le renforcement de la compétitivité des produits européens" deviennent des priorités pour les années à venir. Parmi les initiatives européennes, le gouvernement cite la proposition de la Commission Européenne sur le "Règlement pour accélérer l’industrie", un pilier législatif clé pour la réindustrialisation. Il introduit directement le principe du "Fabriqué en Europe" comme condition pour recevoir des aides publiques, avec un impact direct sur le secteur automobile.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la "Feuille de route industrielle pour le secteur automobile européen" présentée par la Commission en décembre dernier. Madrid évoque aussi d’autres outils de défense commerciale, comme les normes environnementales strictes. Les véhicules ne respectant pas la norme Euro 7 feront face à des restrictions plus sévères pour accéder au marché intérieur. Au niveau national, le gouvernement a présenté le "Plan España Auto 2030", conçu comme l’axe central de la réindustrialisation de la filière automobile. L’objectif est de renforcer toute la chaîne de valeur, de stimuler l’emploi local et d’accroître la compétitivité du secteur. Le plan comprend 25 mesures prioritaires réparties sur 5 axes : l’offre, la demande, les infrastructures, la nouvelle mobilité et la compétitivité.
Parmi les principaux programmes de financement figurent le plan "Auto Plus", qui prolonge les efforts du programme MOVES pour stimuler la demande et "récompense les véhicules fabriqués en Europe et en Espagne". Il y a aussi le Fonds gouvernemental pour la contribution à la mobilité durable, créé par la loi 9/2025, qui "augmentera les ressources disponibles pour les projets de décarbonation et de renouvellement des flottes". Madrid affirme maintenir une "surveillance active du secteur de fabrication des composants automobiles", afin de suivre de près l’évolution du tissu industriel et d’analyser les changements potentiels en termes de tendances, de menaces et d’opportunités.
Le gouvernement estime que "l’Espagne doit attirer une plus grande part de fabrication de batteries, de composants et de véhicules électriques pour compenser la perte d’emplois liée aux moteurs et plateformes traditionnels". En conclusion, le gouvernement espagnol souligne que "les relations entre Rabat et Madrid sont régies par les principes de réciprocité, de réalisme et de recherche d’un équilibre contribuant à une plus grande autonomie sur le marché".
Le renforcement du lien avec le Maroc répond à "un engagement actif, structuré et conditionnel visant à préserver la sécurité économique, ainsi que la prospérité et la résilience du pays".



































