AfCFTA : Ould Errachid appelle à activer la zone de libre-échange et à arrimer l’Afrique aux chaînes de valeur euro-africaines

Juin 20, 2026 - 13:21
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AfCFTA : Ould Errachid appelle à activer la zone de libre-échange et à arrimer l’Afrique aux chaînes de valeur euro-africaines

Le président de la Chambre des conseillers et président de l’Association des Sénats, du Conseil de la Choura et des Conseils similaires d’Afrique et du monde arabe, Mohamed Ould Errachid, a affirmé que le décollage économique de l’Afrique passe par l’activation pleine et entière de la Zone de libre-échange continentale africaine et son arrimage aux chaînes de valeur euro-africaines. Cette mise en réseau doit permettre de bâtir un espace commun de production et d’investissement capable d’accompagner les mutations économiques mondiales et de renforcer la résilience du développement.

 Il s’exprimait lors de la session africaine spéciale qu’il a présidée samedi dans le cadre de la 4e édition du Forum économique parlementaire de Marrakech pour la région euro-méditerranéenne et du Golfe arabe, placée sous le thème : « Zone de libre-échange continentale africaine et arrimage des chaînes de valeur euro-africaines : vers un espace intégré de production commune, d’investissement et de résilience économique ». Ould Errachid a souligné que l’Afrique dispose d’atouts humains et naturels considérables, mais que le défi majeur reste la transformation de ces potentialités en valeur ajoutée et en emplois durables.

 Il a rappelé que des millions de jeunes sur le continent aspirent à un avenir offrant développement et stabilité dans leurs pays plutôt que l’émigration vers l’étranger en quête d’opportunités. Il a mis en garde contre la faiblesse du commerce intra-africain qui ne dépasse pas 15 % du total des échanges du continent, contre près de 70 % en Europe et 60 % en Asie. Ce faible niveau limite la capacité de l’Afrique à réaliser un véritable décollage et lui fait perdre des chances de développement majeures.

 Selon lui, l’opérationnalisation effective de la ZLECAF pourrait ajouter environ 450 milliards de dollars à l’économie du continent, sortir près de 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté et multiplier le volume des échanges entre pays africains, renforçant ainsi la place de l’Afrique dans l’économie mondiale. Il a ajouté que les transformations géo-économiques actuelles et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales ouvrent une opportunité historique pour l’Afrique afin de s’intégrer dans l’économie internationale à partir d’une position plus forte et équilibrée.

 Il a plaidé pour la construction d’un espace de production euro-africain commun fondé sur la complémentarité entre les capacités industrielles européennes et les potentialités naturelles et humaines africaines. Pour y parvenir, il a identifié trois défis majeurs : développer les infrastructures, les réseaux de connexion et la logistique, mobiliser les financements nécessaires aux projets transfrontaliers, et harmoniser les cadres réglementaires et législatifs tout en simplifiant les procédures commerciales pour faciliter la circulation des investissements et des échanges. Le responsable a rappelé que le Maroc, sous la conduite éclairée du roi Mohammed VI, a fait de l’intégration africaine un choix stratégique constant. Cela se traduit par la montée des investissements marocains en Afrique dans les banques, les assurances, les télécoms, les engrais et les infrastructures.

Les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays africains ont dépassé 56 milliards de dirhams, avec une croissance de près de 50 % en dix ans. L’industrie automobile marocaine est devenue la première en Afrique pour les exportations qui ont dépassé 158 milliards de dirhams, tandis que l’OCP joue un rôle clé dans le soutien à la sécurité alimentaire africaine et au renforcement des chaînes de valeur agricoles et industrielles. Ould Errachid a également évoqué des projets stratégiques lancés par le Maroc pour consolider l’intégration africaine, notamment le gazoduc africain atlantique et l’Initiative atlantique royale en faveur des pays du Sahel, deux leviers essentiels pour relier les économies africaines à l’espace atlantique et faciliter leur intégration dans les chaînes du commerce mondial.

 Il a conclu en réaffirmant l’engagement de l’institution législative marocaine à soutenir toutes les initiatives visant à renforcer l’intégration économique africaine et a appelé à une mobilisation collective pour construire une Afrique plus intégrée, capable de production commune, de développement durable et de prospérité pour ses populations.